« La banalisation ne passera pas par la voie politique, et peu par l’associatif, mais bien par l’entreprise »

Al-Kanz est un des sites piliers de la « muslimosphère » francophone. Son fondateur et animateur, Fateh Kimouche, qui fait l’objet d’une campagne médiatique de diffamation, a accepté de répondre à nos questions centrées sur le thème de l’autonomie qui s’entend, selon lui, avant tout comme une autonomie économique. L’entrepreneuriat islamique est-il la solution aux problèmes sociaux et politiques de la « communauté musulmane » ? Qu’en est-il de la justice sociale, des femmes, dans l’entreprise ? Quels rapports avec le politique ? Avec qui peut-on s’allier ? Faut-il organiser l’« islam de France » ?

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Pour quelles raisons as-tu décidé de lancer le site Al-Kanz ?

Al-Kanz est le produit de convergences d’intérêts et de choix personnels, d’exigences et du contexte français relatif à ma condition de citoyen d’origine maghrébine et, surtout, d’origine musulmane, comme dirait l’autre.

Je m’explique : je suis sur le Web depuis 1996, soit vingt ans cette année, à la faveur d’une licence de philo en Erasmus à Genève. Avant 2006 et le lancement du site d’information Al-Kanz, j’ai plutôt été un internaute qui échangeait dans la partie commentaires de blogs, dans différents forums divers et variés, dans des listes de diffusion. En 2001-2002, j’ai lancé un premier blog de proximité et en octobre 2006 je lance Al-Kanz afin d’avoir mon propre espace d’expression, plus intéressant que les forums où mes écrits se perdaient et où je rencontrais pas mal d’esprits chagrins, qui voyaient tout en noir ou dénigraient la moindre initiative.

J’écris facilement et j’ai toujours aimé écrire. Par ailleurs, je suis plutôt autonome. Un jour, un entrepreneur à qui je n’ai donné mon numéro de téléphone qu’après un an et demi d’échanges par mails m’a dit que j’étais sauvage. Comme la biche, pas comme le lion. Farouche, donc.

Ajoutons à cela que je porte la barbe et qu’il était et demeure absolument hors de question que j’ampute – oui, j’ampute – une partie de moi-même pour me soumettre aux desiderata d’un supérieur ou d’un patron qui a décidé qu’une barbe comme la mienne nuirait à son chiffre d’affaires. De même pour la prière à l’heure : c’est non négociable. Personne ne m’interdira d’accomplir mes prières à l’heure indiquée. L’un dans l’autre, plutôt que d’aller au conflit et/ou de me nier et de vivre très mal ce reniement, j’ai pris mes responsabilités et j’ai décidé d’intégrer en 2007 une boutique de gestion (une couveuse) pour apprendre à devenir chef d’entreprise. C’est ainsi qu’en octobre 2008 je lançais ma société Hidaya Group, dont l’activité se résume à Al-Kanz.

S’agissant du choix d’Al-Kanz et de la thématique autour de l’économie islamique, il procède d’un constat simple : avec ce que l’on a coutume d’appeler la deuxième génération, la France connaît une révolution sociologique silencieuse. Les quadragénaires d’origine étrangère, filles et fils d’immigrés, ont participé de l’émergence d’une nouvelle catégorie socio-professionnelle. Nous sommes le résultat d’un syncrétisme heureux qui a vu des individus adapter des exigences religieux à une identité sociologique propre au pays où ils sont nés : c’est ainsi que nous, musulmans autochtones, au sens grec du terme, autrement dit « nés de la terre », musulmans du terroir donc, avons développé un habitus spécifique, résultat de la rencontre de l’islam avec la réalité sociologique française. Concrètement, cela s’est traduit par un nouveau type de consommateurs aux besoins spécifiques. Qui dit « nouveaux consommateurs » dit « nouveaux marchés ». Je voulais en parler, les mettre au jour.

Parallèlement, j’observais la multiplication des initiatives, tant associatives qu’entrepreneuriales. Je voulais là aussi mettre en avant toutes ces forces vives, tant pour qu’elles soient soutenues que copiées. Je crois dur comme fer que toutes les cités et quartiers de France sont des Silicon Valley en puissance. Mais on a tellement dit à leurs habitants qu’ils sont nuls et bons à rien que beaucoup ont intégré cela et se brident. J’espère avec Al-Kanz faire sauter des verrous et donner envie à un maximum de femmes et d’hommes de prendre des initiatives, associatives ou entrepreneuriales.

J’observais la venue sur le marché d’acteurs économiques historiques, notamment pendant le mois de ramadan, mais aussi l’émergence massive d’entrepreneurs musulmans. D’un côté donc des consommateurs, de l’autre des acteurs économiques. Entre les deux, personne. Blogueur depuis 2002 et aimant écrire, j’ai décidé de lancer le blog d’Al-Kanz en octobre 2006. J’ai rapidement trouvé un lectorat qui depuis grandit.

Quels étaient tes objectifs au départ, ont-il évolué et comment as-tu concrètement mis en place ton projet (financement, technique informatique) ?

En un seul mot : empowerment [autonomisation, auto-organisation, NDLR]. Je rêve d’une communauté musulmane et plus largement d’une société qui s’empowerise.

Les objectifs sont les mêmes. J’ai pris le temps d’avancer au rythme que je voulais, pas à pas. Après dix ans de travail et d’efforts stakhanovistes, j’arrive à une vitesse de croisière. Aujourd’hui, je travaille à l’internationalisation d’Al-Kanz. J’espère réussir à devenir l’un des accès des entrepreneurs étrangers qui veulent comprendre comment l’économique islamique – qui pèse plusieurs milliers de milliards – se traduit en France, mais aussi consolider le travail déjà effectué à l’international. Al-Kanz est partenaire média du World Islamic Economic Forum, et fut partenaire l’an dernier d’un salon du tourisme halal à Abou Dhabi.

Pour la mise en place, cela a été essentiellement de l’huile de coude [sourire] Je suis workaholic [drogué au travail, NDLR]. Je travaille énormément et j’aime cela. Je n’ai eu recours à strictement aucun financement. S’agissant de la technique, un webmaster m’a accompagné pendant plusieurs années, puis la société Vivisci a été mon prestataire, enfin aujourd’hui et depuis 2015 c’est la société Muzetik qui est en charge de mes sites.

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Tu encourages beaucoup les entrepreneurs sur ton site, pourquoi ?

L’entrepreneur, à la différence de l’associatif ou du politique, est dans une réalité à laquelle il ne peut déroger. Il a l’obligation de changer le monde, parce que le monde lui demande d’agir tous les jours. Dans les banlieues, là où se trouve la majorité de mes lecteurs, les postures de victimisation, de geignerie et d’assistanat sont l’une des nombreuse causes de la sclérose dans laquelle se trouvent ces territoires. Quand vous êtes entrepreneur, vous ne pouvez pas pleurnicher. Vous devez faire tourner la boîte. Si je promeus autant l’entrepreneuriat, c’est pour dire à ceux que je côtoie : « OK, on a compris, on vous a entendu pleurer. Vous avez peut-être de bonnes raisons de pleurer. Mais maintenant stop ! Prenez vos responsabilités. N’attendez pas que tout vous tombe du ciel. Allez-y, il y a tant à faire : faites ! »

Mais faut-il encore que chacun se défasse de cette propension à chercher les problèmes ailleurs qu’en soi-même. Parce que même si personne ne peut nier les difficultés des habitants de banlieues, les solutions existent et cela commence par la prise en charge de soi-même par soi-même. J’ajouterai une chose, bien que j’ai une formation en philosophie politique, ou peut-être précisément parce que j’ai une formation en philosophie politique, je reste persuadé que la banalisation – je ne parle volontairement pas d’intégration ni de réussite ou autres concepts dévoyés et à mon avis inappropriés – ne passera pas par la voie politique, et peu par l’associatif, mais bien par l’entreprise.

Plus prosaïquement, et si je peux me permettre, être entrepreneur c’est choisir ses propres contraintes. Sans parler évidemment de tout ce qu’il y a de formidable dans la création et le développement d’une entreprise : la fraîcheur, l’aventure, le rêve et la farouche volonté de (re)faire le monde, à son niveau.


L’entreprenariat musulman est au cœur du projet du site. Es-tu sensible à la question des inégalités sociales dans les entreprises, y compris les entreprises dirigées par des musulmans ? S’il existe des regroupements d’entrepreneurs musulmans, quid d’un syndicat de travailleurs musulmans ?

C’est l’initiative qui est au cœur du projet du site, l’entrepreneuriat et l’association les deux mamelles de l’initiative. Dans un édito publié en juin 2011, intitulé « Entrepreneurs, payez plus pour gagner plus » je rappelais qu’être patron « c’est avoir la possibilité d’agir efficacement sur le quotidien pour le rendre meilleur. » Et j’ajoutais : « en prise directe avec la réalité, le patron musulman ne peut incarner la figure du mauvais patron. » Pourquoi ? Car il se doit d’appliquer un commandement résumé par le hadith, dont la traduction du sens est la suivante : « Nul d’entre vous ne sera vraiment croyant tant qu’il n’aimera pour son frère que ce qu’il aime pour lui-même. »

Cette injonction à l’altruisme et à l’empathie ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise. Le patron doit se mettre à la place du salarié et agir en sa direction comme il aimerait qu’on agisse en sa faveur si lui-même était salarié.

S’agissant des inégalités, là encore l’entreprise n’est pas un espace hors-sol hors législation hors éthique. Le musulman dans son quotidien doit lutter contre l’injustice. Être patron n’a pas valeur d’exemption ; bien au contraire puisque le fait même d’exercer une autorité oblige plus encore. Du reste, il est indiqué textuellement qu’il faille, par exemple, payer l’employé, celui qui a effectué un travail pour notre compte, avant même que la sueur ne coule de son front. De même l’égalité salariale entre femmes et hommes n’est même pas un sujet, ça ne se discute, ça ne peut s’envisager : être femme n’est pas une circonstance dépréciative, à compétences et statut égaux on n’a pas à payer une femme moins que l’on ne paie un homme.

Quid d’un syndicat de travailleurs musulmans ? Question ouverte. Un tel syndicat serait porteur de non pas les idéaux mais les obligations de justice, d’équité et d’égalité dans l’entreprise. En ce sens, ce pourrait être une bonne idée d’en former un. Maintenant, ça ne se fera que s’il est des femmes et des hommes qui le mettent en place. Des audacieux, des vaillants tant l’islamophobie ambiante rendrait l’exercice sinon périlleux, à tout le moins agité.

Quelle est ta conception de l’entreprise ? Correspond-t-elle à celle d’une entreprise capitaliste rivée vers la quête du profit ?

Une entreprise a vocation à créer de la richesse en vue d’améliorer la société, telle est ma conception de l’entreprise. Je m’inscris en cela pleinement la conception islamique de l’économie, qui n’entend jamais la richesse sans la justice sociale. L’entreprise doit agir et produire utile, son impact sur la société doit être positif, l’argent doit être propre, dans tous les sens du terme (justice, écologie, droits humains, halal, etc.). Le profit n’est jamais un mal dès lors qu’il est soumis à cette obligation de justice sociale. On peut faire d’énormes bénéfices. On ne peut pas en réserver la jouissance uniquement aux patrons, aux actionnaires.

Tu considères que l’entrepreneuriat comme le seul moyen pour les musulmans de France de « s’en sortir ». Mais n’est-ce pas minoriser la possibilité que même une certaine assise économique ne protège pas d’une stigmatisation et la criminalisation politique ?

Je ne dis pas que c’est le seul moyen, je dis que c’est le meilleur, le plus efficace. Nul n’est à l’abri de la démagogie, du populisme qui mènent à cette stigmatisation et cette criminalisation par le politique. Pour autant, l’entrepreneuriat, quand il est pleinement investi, est à mon sens un puissant moyen de contenir toutes ces misérables instrumentalisations auxquelles on fait face tous les jours en France. Pourquoi ?

Parce que, plus encore en cette période de crise et de fort taux de chômage, un élu n’osera jamais se mettre en porte-à-faux avec des entrepreneurs qui créent de l’emploi sur les territoires qu’il administre. Qu’un maire par exemple s’adonne sans foi ni loi à ce populisme et c’est potentiellement quelques dizaines d’emploi qui passent dans la commune limitrophe. C’est aussitôt plusieurs points sur la courbe du chômage qui viennent gréver son bilan. Autant vous dire que l’élu réfléchira à deux fois avant de jouer les démagos.

Je crois donc que l’entrepreneuriat, outre ses vertus, une fois encore quand il est imprégné de justice sociale, peut être une assurance contre cette stigmatisation et cette criminalisation.


L’état d’urgence actuel ne démontre-t-il pas que les présumés musulmans, quel que soit leur statut social, peuvent être pris pour cible par les autorités ou les forces politiques ?

Tant qu’il n’y aura pas de conscience politique, au sens grec de la « polis » [cité, NDLR] et que chacun ne se considérera pas comme citoyen – donc comme acteur qui participe et peut avoir un impact sur la gestion de ladite polis – cette passivité nuira à ces non-conscients. Ils demeureront les cibles parfaites des démagogues.

De même tant qu’il n’y aura pas de conscience collective chez les musulmans, que l’on accuse à tort d’être systématiquement dans le communautarisme (ça se saurait et surtout ça se verrait), cela continuera. Voyez donc par exemple : malgré le scandale des perquisitions, qui ne furent rien d’autres, contre les musulmans, des expéditions punitives - et cathartiques —, il n’y a pas eu de mobilisation pour demander des comptes aux autorités.

Tes prises de position concernant la politique sont très tranchées : refus de participer à une manifestation ou à une élection. En même temps, tu appelles souvent les internautes à se mobiliser contre telle émission de télévision, telle entreprise, tel journaliste, etc. Peux-tu nous expliquer les fondements de cette position qui peut paraître ambiguë ? Comment te situes-tu par rapport au politique, au sens « noble » du terme, et à la politique, au sens d’action associative ou politique ?

Non, pas tranchées : claires. Je ne crois pas, en France, à l’action politique des ces minorités qui rêvent, pour dire vite, de se faire respecter. Ça ne fonctionne pas. L’Arabe qui fait de la politique pour que les quartiers ne soient plus stigmatisés, c’est au mieux un fantasme, au pire une arnaque. On est hors-sol, et souvent dans le mensonge ou le déni.

Mon rapport au politique est celui de l’individu, le citoyen qui doit faire sa part. Faire sa part, c’est agir tous les jours, et pas offrir un blanc-seing dans un isoloir tous les quatre ou cinq ans à des types qui te roulent une fois élus. Voter, en l’espèce, c’est signer des chèques en blanc.

Le politique s’inscrit ainsi dans l’action qui doit mener au changement mélioriatif, au bien-vivre, si cher à chaque individu, comme dirait Aristote : « Eu zein » [la bonne vie, NDLR]. Or, aujourd’hui en France, la chose politique consiste à vivre par procuration, laquelle procuration est remise à ceux que l’on élit et qui trop souvent ne remplissent pas leurs engagements. Pendant ce temps, les citoyens, au lieu de faire, d’agir, attendent que l’on fasse pour eux : eux étant les élus.

L’autonomie que tu proposes passe par une réussite économique individuelle. Mais qu’en est-il de l’identité collective des musulmans ? Est-ce à dire que seule la réussite individuelle prime et qu’il n’y a pas de possibilité d’émancipation collective ?

Du tout, ce n’est pas ce que je dis ni ne pense. L’autonomie passe par la prise de conscience de chaque individu qu’il doit agir pour le bien de tous. Peu importe ce que tu es, peu importe ton job, peu importe tes diplômes, tu réussiras quand tu agiras de sorte que ce que tu fais toi individuellement profite aux autres. La réussite individuelle est fondamentale, mais elle ne doit jamais se départir de la réussite collective. Malheureusement, dans les cités, et/ou chez les musulmans de France, on a appris à réussir seul. C’est tout le discours et la réalité de ces jeunes de cité “qui s’en sortent” et de cette catégorie détestable que sont les beurgeois.

Tu as porté des critiques virulentes contre le CFCM, l’UOIF et la récente initiative gouvernement de consultation des musulmans en France. Peux-tu expliciter les raisons de ton opposition à ces structures ?

Ce n’est pas tout à fait exact. J’ai au contraire considéré que l’initiative de Cazeneuve de vouloir consulter tout le monde, c’est-à-dire tant les composantes de l’islam des consulats, celles qui composent le CFCM, que les forces vives qui font l’islam en France aujourd’hui était heureuse, mais à une condition : mettre autour de la même table anciens et plus jeunes, musulmans venus d’ailleurs et musulmans autochtones, etc., n’a aucun intérêt sans changer le logiciel qui prévaut depuis des années. A contrario, s’il s’agit de poser cartes sur table et d’accueillir les positions de tous et de les considérer pour en prendre le meilleur, alors cette consultation est heureuse.

Je reproche à ces structures de se regarder le nombril et d’agir uniquement pour leur propre intérêt.

Et, selon toi, quelle serait l’organisation idéale de l’islam en France ? Comment dépasser les querelles de minarets pour l’intérêt général des musulmans, notamment pour un meilleur exercice du culte ?

Faut-il une organisation de l’islam en France ? Qu’on nous laisse tranquille. C’est aux musulmans de régler leurs problèmes, sans intervention de l’État. Dieu nous a épargné de subir un clergé, il ne faut pas en créer un pour les musulmans de France.
Cela dit s’il devait y avoir autorité, elle devrait être administrative. Parallèlement, on pourrait avoir une autorité morale, laquelle devrait être indépendante de toutes les structures existantes, pas comme les prétendus conseils théologiques qui de la mosquée de Paris qui de l’UOIF qui roulent pour qui les a mis en place et non pour le bien des musulmans.

Ton analyse du rapport au politique des musulmans en France pose la question des alliances politiques avec les non-musulmans. Lors des affaires du « mariage pour tous » ou de la « théorie du genre », on a constaté une convergence entre certains leaders musulmans et l’extrême-droite la plus réactionnaire (et la plus islamophobe aussi). Comment analyses-tu cet enjeu des alliances politiques ?

Je ne crois pas que mon analyse pose cette question. Pour qu’il y ait alliance il faut qu’il y ait parties. Personnellement, je privilégie l’individu plutôt que les groupes.
S’agissant des alliances avec Civitas et autres islamophobes bien trempés, c’est une profonde erreur. C’est même une faute. On m’a fait du pied pour que je rejoigne les haineux de la Manif pour tous. Sans façon. Il y a là clairement une instrumentalisation : on utilise les musulmans, puis quand on n’en a plus besoin on les (re)jette. La démarche était aussi hypocrite que grossière.

Si tu te situes dans le cadre d’un entreprenariat à vocation sociale, quelle est ton opinion sur projet de loi travail El Khomry ? Est-ce que ses dispositions vont dans le sens de ta vision de la justice sociale ?

Je n’ai pas lu le projet de loi. Mais il est évident que tout projet visant à faire de l’employé une variable d’ajustement du chiffre d’affaires de l’entreprise est à réprouver. Employeurs et employés sont dans le même bateau. Il est nécessaire d’établir une relation vertueuse où chacun trouve son compte.