La gauche et les musulmans, dans l’angle mort de l’état d’urgence

Une guerre culturelle a lieu en France. Déclarée par Manuel Valls et orchestrée par des think tanks, bien avant la mise en place de l’état d’urgence, elle est menée contre les musulmans résidant en France. On aurait pu s’attendre de la part d’un Premier ministre socialiste que la bataille idéologique prioritaire soit menée contre la droite ou l’extrême droite. Force est de constater que ce n’est pas le cas.

« C’est quoi aujourd’hui les priorités dans cette société ? Bien sûr l’économie, le chômage, mais qu’est-ce qui est aujourd’hui essentiel ? C’est la bataille culturelle ! C’est la bataille identitaire. Parce que si nous ne gagnons pas cette bataille, le reste ne comptera pas. Le reste sera balayé. »  [1]

C’est ainsi que, le 4 avril dernier, au colloque Le Sursaut, initié par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation pour l’innovation politique et l’American Jewish Committee Europe, Manuel Valls a déterminé ses priorités politiques : « C’est la bataille culturelle ! C’est la bataille identitaire ». Et non la politique économique et sociale de son gouvernement, symbolisée par une loi Travail, dont les sondages n’ont cessé de mesurer un rejet majoritaire massif depuis le mois de février.
Moins de dix jours plus tard, le locataire de Matignon précise son offensive à destination de la gauche. Le 13 avril, Libération publie une interview du Premier ministre. Depuis qu’il a été nommé chef du gouvernement, deux ans plus tôt, c’est la première fois que Manuel Valls accorde un entretien au quotidien emblématique de la gauche culturelle. À la question : « Vous dites désormais que la question “identitaire” est première ? » , le Premier ministre enfonce le clou : « Les questions économiques et sociales, la question du chômage, sont cruciales. Mais effectivement, la question culturelle est fondamentale. Il y a une interrogation plus profonde dans notre pays sur l’ouverture au monde ou sur la place de l’islam… »

Le signal premier que Manuel Valls entend ainsi adresser à son électorat de gauche est sans ambage : la question culturelle est fondamentale. Dans ses discours politiques, les ennemis qu’il désigne sont « les salafistes », mais dans la pratique politique ce sont les musulmans, dans leur ensemble, qui sont pris pour cible. Si cette obsession n’est pas nouvelle, elle se précise en stratégie de communication délibérée à l’approche de l’échéance présidentielle. Il y a un an, le 22 juin 2015, le Premier ministre avait clairement indiqué sa ligne, son choix, sa cible privilégiée : « L’islam sera un enjeu électoral », lors d’un forum sur la République et l’islam.
Depuis l’application de l’état d’urgence qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015, la mobilisation d’une partie de la gauche contre les nouvelles mesures autoritaires se fait essentiellement sur des questions de principe : libertés publiques, militarisation de l’espace, société de surveillance, neutralisation de la contestation sociale… Qu’il s’agisse des « frondeurs » du PS, ou des militants EELV, PG, PC, des syndicalistes et des associatifs de la gauche radicale, la gauche contestant l’état d’urgence ne le condamne que dans des termes où elle se sent directement impliquée, où elle se pense comme l’unique cible, comme on a pu le voir durant la COP 21 avec l’interdiction de manifestations et les assignations à résidence, alors dénoncées par cette même gauche.

Or cette analyse ignore délibérément les premières cibles de l’état d’urgence : les musulmans en tant que tels, indépendamment de leurs actes individuels. La gauche militante « traditionnelle » n’étant, dans un premier temps, qu’une cible collatérale. En effet il faudra attendre la mobilisation des migrants le 22 novembre et contre la COP 21 et sa violente répression le 29 novembre sur la place de la République, à Paris, pour assister au déploiement en force des mesures de l’état d’urgence contre des militants écologistes et de la gauche radicale.

Pourtant, pour l’essentiel, les perquisitions administratives ont concerné dans leurs quasi-totalités des lieux de culte, des sièges d’associations, des restaurants musulmans ou les domiciles de musulmans ou présumés comme tels. Or. Dans son ensemble, le bilan opérationnel antiterroriste est ridicule : 3 579 perquisitions administratives ont été effectuées, aboutissant à seulement six procédures judiciaires pour infractions terroristes, entrainant une seule mise en examen, en date de mars 2016. Soit un taux d’erreur dans les cibles désignées de 99,97 %. Bon nombre d’observateurs, de chercheurs et de magistrats [2] ont souligné la disproportion entre les interventions policières ordonnées et leurs résultats. En somme, ces opérations obéissent avant tout à des impératifs politicien et médiatique, et non aux objectifs de la lutte antiterroriste. [3]

Mais alors que les autorités ont abondement médiatisé la mise en cause généralisée des musulmans en tant que tels, ainsi que l’extrême fermeté des mesures policières et judiciaires à leur encontre : partis, syndicats et associations de gauche n’en parlent pas, ou peu. La question se pose : ces organisations ne savent-elles pas comment en parler ou ne le veulent pas ? Est-on face à une gêne ou un déni, un refus d’accepter cette réalité ? Pourquoi une large partie des forces progressistes (de l’aile gauche du PS à l’extrême gauche), dans ses discours et ses pratiques, ignore-t-elle délibérément ce constat ? Paradoxalement, ces organisations rejoignent la position officielle des autorités. Elles excluent tout comportement discriminant justifiant ces opérations, alors même que leurs résultats traduisent l’arbitraire manifeste qui a prévalu dans le choix de ces cibles par l’appareil d’État.

Entretien du chef de la lutte antiterroriste de la police nationale. Extrait du Rapport parlementaire sur le contrôle de l’état d’urgence

Le traitement médiatique des faits n’est pas en reste, essentiellement et violemment hostile aux musulman-e-s, qu’il ne cesse de désigner à la vindicte populaire. Face à cela, le silence de la gauche extraparlementaire est d’autant plus assourdissant et incompréhensible.

Le silence de la gauche

Des collectifs se sont constitués contre l’état d’urgence. Stop Etat d’Urgence [4] à l’initiative de Droit au logement (DAL), et Nous ne cèderons pas sous l’égide de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) [5], regroupant, pour le premier, associations, syndicats et partis politiques de gauche et pour le second uniquement des associations et des syndicats. Force est de constater que Stop État d’Urgence, malgré ses discours d’ouverture, a eu du mal à prendre en compte la victime musulmane des nouvelles mesures policières et judiciaires. Pour preuve, lors du premier meeting unitaire organisé par ce collectif le 17 décembre 2015 à Paris, ce sont des personnes extérieures à l’organisation qui ont dû pointer l’absence d’une parole musulmane et de l’importance de la prise en compte des musulmans sous le régime de l’état d’urgence. C’est seulement au dernier moment que les organisateurs ont fait appel au Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF). [6]

Trois mois plus tard, le 10 mars 2016, un autre meeting organisé par des étudiants de l’université Paris 8, à Saint-Denis, illustre cette invisibilisation des musulmans. Une première affiche décline les différentes cibles de ces mesures d’exception mais ignore la caractéristique musulmane. [7]

Il faudra attendre une intervention insistante de nouveaux membres de ce collectif, pointant cette absence, pour enfin voir apparaitre le terme de « musulman » sur l’affiche. Pourtant, ce terme ajouté à la va-vite apparaît fusionné avec « migrant-e et racisé-e », qui étaient dissociés sur la première version, comme si la catégorie « musulman-e » était non seulement insuffisante en elle-même mais formait un tout avec « migrant-e » et « racisé-e », contrairement à celle de « manifestant-e », de « syndicaliste », d’« écologiste », de « victime des violences policères » et de « chômeur-se ».

Comment mieux révéler cet impensé au sein même de la gauche radicale, voire révolutionnaire, selon lequel le musulman demeure avant tout exogène (migrant-e et racisé-e) au regard de catégories plus légitimes que sont l’écologiste, le syndicaliste ou la victime de violences policières ?… alors que les quinze premiers jours de l’application de l’état d’urgence ont été marqués par des opérations tout autant extrêmement brutales dans le mode d’application qu’arbitraires dans le ciblage des seuls musulmans.

Comment comprendre une telle difficulté à prendre en compte la réalité de la répression et de la stigmatisation des musulmans en France ? Ces questionnements ne sont pas nouveaux au sein de la gauche. Ainsi, la journaliste Mona Chollet, dans le billet Oui mais quand même, la religion c’est mal, pointait déjà celles et ceux qui, à gauche, hurlent avec les loups islamophobes, sous prétexte de critique de la religion.

On pourrait multiplier les exemples d’un mépris de gauche [8] à l’encontre des musulmans dans leur ensemble en France ou ailleurs. Début avril 2016, l’édito de Charlie Hebdo signé par Riss, directeur de la publication, synthétisait en quelques lignes la suspicion généralisée à l’encontre des musulman-e-s en France. Du boulanger musulman à la femme voilée, ils seraient selon lui la première étape avant la terreur et les premiers responsables. « Pourtant, tout ce qui va arriver ensuite à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles ne pourra avoir lieu sans le concours de tous [la femme voilée, le boulanger qui fait des sandwichs sans porc et Tariq Ramadan]. Car tous inspirent la crainte et la peur. La peur de contredire, la peur de polémiquer, la peur de se faire traiter d’islamophobe et même de raciste. La peur, tout simplement. Ce qui va se passer dans quelques minutes est l’étape ultime de la peur : la terreur. Le terrorisme. Il n’y a pas de terrorisme possible sans l’établissement préalable d’une peur silencieuse généralisée. »  [9]

Quelques semaines plus tard, Cocoboer, dessinatrice de l’hebdomadaire dit satirique, prenait, elle, prétexte du Hijab Day organisé par des étudiantes de Sciences Po Paris, pour s’approprier les pires clichés racistes à l’égard des musulmans.

Plusieurs mois avant déjà, lors du débat sur le travail du dimanche, Plantu, caricaturiste du Monde, compare l’opposition de la CGT au travail du dimanche à un musulman interdisant à sa fille voilée d’aller à l’école. La réaction outrée de la CGT ne s’est pas faite attendre : « Le parallèle que fait le dessin de Plantu entre la CGT et la face la plus violente d’un extrémisme politique liberticide ne relève pas de ce registre-là […]. Il est non seulement indécent mais également antirépublicain. Il nous déshonore tous. » Il est toutefois notable que le courrier de la CGT ne critique que l’attaque à son encontre, et ne commente pas l’idée véhiculée derrière l’«  Islamorama » du dessinateur de presse,. Alors que c’est la loi républicaine qui, en France, exclut les filles voilées des établissement, le dessinateur sous-entend que si elles n’ont pas accès à l’éducation c’est à cause de leur père. .

L’abandon des classes populaires

Une des clés d’explication à l’absence de la prise en compte des attaques à l’encontre des musulmans ou présumés tels par l’état d’urgence, au sein d’une partie de la gauche, peut se comprendre à l’aune du fossé politique et spatial entre cette même gauche et les classes populaires surreprésentés au sein des musulmans. Cet abandon des musulmans, et plus largement des classes populaires, s’incarne dans la disparition des forces politiques de gauche au sein des quartiers populaires, illustré par exemple par la disparition progressive du parti communiste au sein des municipalités populaires (la « banlieue rouge »).

Le passif politique jamais réglé entre organisations issues de l’immigration (FTCR, ATMF, Mouvement des Travailleurs Arabes, Mouvement de l’Immigration et des Banlieues…) et certaines structures de gauche explique, en partie, le fossé politique qui s’est creusé ces trente dernières années. Les tentatives de récupération ou de neutralisation des dynamiques issues des quartiers comme pour la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme de 1983, par la création de SOS Racisme puis, plus tard, de Ni Putes Ni Soumises, et l’utilisation de l’Amicale des Algériens par les autorités, n’en sont que quelques exemples. Ces multiples tensions politiques nationales et locales, le déni de l’islamophobie en France, la non prise en compte de problématiques propres aux quartiers (violences policières, apartheid social et urbain...) justifient pour certains, au sein des quartiers et chez une partie des musulmans, à désigner la gauche dans son ensemble comme un ennemi politique. Ainsi, une partie non négligeable des associations musulmanes ou de quartier a une suspicion historique et justifiée en partie envers la gauche.

Cette situation aboutit à une méconnaissance par de larges factions de la gauche, associative et politique, de la diversité du champ politique et associatif islamique en France. Ceci peut expliquer en partie l’incapacité à trouver des interlocuteurs et partenaires musulmans pour un travail en commun face à l’état d’urgence. L’appréhension face à l’islam, alimentée par les discours médiatiques et celui des élites islamophobes [10] provoque suspicions et jette l’opprobre sur les militants musulman-e-s, considérés d’abord comme des islamistes cachés « au double discours », rendent quasi impossible une lutte commune entre les premiers concernés et les différentes structures dites « de gauche ». On ne peut que constater que très peu de structures et de militants
 [11] prennent en compte la question de l’islamophobie [12] et travaillent sur un pied d’égalité avec des structures musulmanes ou de quartiers populaires.

La persistance sans fin des débats sur l’utilisation du terme « islamophobie » et de l’existence ou pas d’un racisme antimusulman en France, sont révélateurs d’une fracture au sein de la gauche sur l’islam. La perpétuelle remise en cause de la présence musulmane en France répond à une stratégie de diversion politique. Elle est révélatrice de l’incapacité de la gauche à traiter des questions sociales, là où on l’attend, préférant s’enfermer dans des questions identitaires et culturelles, participant à faire du musulman le bouc émissaire numéro un. Et Yasser Louati, alors porte-parole du CCIF, interpelle publiquement le chef du gouvernement : « Le Premier ministre de la République ignore le peuple qui manifeste et, au lieu de l’écouter, lui rétorque que le véritable souci ne doit pas être son avenir mais… la femme voilée. Qu’elle soit bannie de l’école et du travail ne vous suffit pas, vous voulez en plus la bannir de l’université. J’avoue être habitué à vos excès de langage, mais, là, vous avez fait bien fort. Vous étiez attendu pour combattre le chômage, or il a explosé, nous voilà revenus au niveau de 1997. Vous vous deviez de nous protéger, or nous avons subi deux vagues d’attentats et perdu 149 des nôtres. Vous aviez le devoir moral de nous rassembler, or vous nous avez divisés avec votre débat sur la déchéance de nationalité. Vous auriez pu faire la une de Libération avec des propositions concrètes pour le pays, or vous l’avez faite pour commenter l’actualité sans rien proposer. À l’instar de Gaston Defferre, qui déclarait que les grèves des ouvriers musulmans étaient “des grèves saintes” commandées par “les mollahs iraniens”, vous déclarez que la femme qui décide de ne pas se dénuder est une militante politique commandée par les salafistes. » (Tribune de Yasser Louati, dans Libération le 14 avril 2016).

Depuis une dizaine d’année, essentiellement après le 11 septembre 2001, on a vu une reformulation de l’islamophobie à gauche, porté par de nouvelles structures politiques ou institutionnelles :la Dilcra (Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme) en est l‘exemple le plus récent mais on pourrait citer le Printemps Républicain (collectif animé par l’universitaire Laurent Bouvet, défendant une laïcité excluante au nom « de la gauche ») [13]. On pourrait ainsi esquisser les contours d’une gauche islamophobe et autoritaire qui s’évertue à désigner la présence de l’islam en France et plus largement en Europe comme le problème politique numéro un.
On peut aussi y déceler un certain cynisme politique, qui voit dans les populations musulmanes des personnes qui ne se mobilisent pas et qui voteraient peu : il n’y aurait donc aucun intérêt politique à les prendre en compte. Cette attitude est renforcée par un regard méprisant, qui verrait dans « le musulman » le misogyne, l’antisémite, l’homophobe, le délinquant et le terroriste.

Cette invisibilisation des musulmans à gauche ne date pas de la déclaration de l’état d’urgence. Les débats qui font polémique depuis vingt ans en son sein l’illustrent : les différentes affaires sur le voile à l’école, la loi de 2005 sur les signes ostentatoires, l’affaire Baby-Loup, la volonté d’exclure les mères voilées lors de sorties scolaires, le cliché « banlieues islamisées », le soutien à la Palestine considéré comme du communautarisme, les débats permanents sur l’incompatibilité présumée de l’islam et de la République, etc.
Bref, une interprétation et une application de plus en plus excluante de la laïcité en France, depuis 2003.

La solitude politique des musulmans

Cette impossibilité pour certains de s’identifier ou de manifester de l’empathie et d’avoir une proximité politique avec ces personnes, révèle une grille d’analyse où le dominé peut être « le migrant », le « mal-logé », le « précaire », « l’ouvrier », « le jeune de banlieue »…mais le /la musulmanE est absent-e. Comme si être musulman ne pouvait être sujet à attaque ou stigmatisation en France quand la solidarité avec les juifs ou chrétiens d’Orient, confrontés à l’hostilité et à la violence, pose peu de questions.

Une majeure partie de cette gauche, radicale en particulier, considère également que la religion et la croyance sont une forme d’aliénation et d’oppression. De fait, comment se sentir solidaire et/ou proche de personnes perçues comme aliénées ou défendant un système oppressif ? « Quand il défend les Femen ou les dessinateurs de Charlie Hebdo, le religiophobe fait valoir qu’ils ne peuvent pas être racistes, puisqu’ils s’en prennent autant aux cathos ou aux orthodoxes qu’aux musulmans : CQFD. Inutile d’aller lui expliquer que les religions ne sont pas de simples systèmes métaphysiques flottant dans la stratosphère, et qu’elles sont indissociables des populations qui s’en réclament ou qu’on y associe, de la culture, de la politique, de l’histoire, des rapports de domination entre groupes sociaux », analyse Mona Chollet. [14] Les récentes déclarations de Céline Pina, ex-élue PS, comparant le voile islamique au « brassard nazi » [15], et les déclarations de Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et du droit des femmes, comparant les femmes qui choisissent de porter le voile aux « nègres qui étaient pour l’esclavage » [16] sont des exemples parmi tant d’autres.

Ainsi, la prise en compte de la dimension religieuse de fractions des classes populaires est soit niée, soit méprisée, soit attaquée. Ce dilemme confine à l’absurde : le pire est-il dans le fait que la gauche refuse consciemment de parler de la situation des musulmans face à l’état d’urgence en France, ou que les musulmans soient dans l’angle mort de leur analyse ? Le climat politique de défiance collective à l’encontre des musulmans est tel que toute personne qui oserait émettre l’idée que les musulmans sont la cible principale de l’état d’urgence serait immédiatement qualifiée d’« islamogauchiste » ou d’« angéliste ».

Malgré cette réalité, l’urgence de la situation a permis la rencontre et le travail en commun d’acteurs qui s’ignoraient mutuellement. Cette phase de recomposition/décomposition politique, en particulier à gauche, facilite l’émergence de nouveaux acteurs politiques et associatifs, laissant penser que d’autres dynamiques peuvent voir le jour…In sha Allah.